Posted 21 février 2019 15 h 08 min by

Dans un pays souffrant d’un faible taux de natalité, Viktor Orban a fait une annonce pour tenter de repeupler la Hongrie (sans faire appel à l’immigration), en dévoilant plusieurs mesures spectaculaires, dont la suppression de l’impôt à vie pour les mères de quatre enfants ou plus.

Lors de son discours d’évaluation annuel devant la nation le 10 février, Viktor Orban a développé un plan de protection de la famille en sept points, afin d’encourager le mariage et la construction des foyers.

Une batterie de mesures natalistes

Une des mesures phares du plan consiste à exonérer d’impôts, pour le reste de leurs jours, les femmes qui élèvent au moins quatre enfants. Des subventions sont également prévues pour acquérir des voitures plus spacieuses. Une autre mesure concerne un nouveau programme de prêts pour que les familles d’au moins deux enfants acquièrent un bien immobilier plus facilement. Toute femme de moins de 40 ans pourra prétendre à un prêt à taux préférentiel quand elle se mariera pour la première fois.

Pour l’Occident, la réponse est l’immigration mais nous […] nous avons besoin d’enfants hongrois

«De moins en moins d’enfants naissent en Europe. Pour l’Occident, la réponse est l’immigration. Pour chaque enfant qui manque, un autre devrait immigrer, et ensuite les chiffres de la démographie seront corrects», a déclaré le Premier ministre. «Mais nous n’avons pas besoin de chiffres, nous avons besoin d’enfants hongrois. Pour nous, accepter l’immigration équivaut à se rendre», a-t-il ajouté.

Le gouvernement compte accorder davantage de fonds à la sécurité sociale locale et a promis de créer 21 000 places de crèche supplémentaires. De plus, le Premier ministre hongrois a assuré que les grands-parents pourraient recevoir une compensation financière s’ils gardent les enfants à la place des parents.

Le taux de natalité en Hongrie, de 9,7 pour 1 000 habitants, est légèrement moins élevé que celui du reste de l’Union européenne qui est de 9,9 pour 1 000. Le déclin démographique de la population, amorcé au début des années 1980, y est sévère. Pour 131 900 morts déclarées en 2017, seules 94 600 naissances ont été enregistrées, marquant une différence de 37 000 personnes. Le gouvernement a mis en place depuis 2010 une politique volontariste pour relancer les naissances, mais le déclin n’a pas été ralenti.

La Hongrie, où le Premier ministre nationaliste Viktor Orban a été réélu en avril 2018, s’est illustrée depuis 2015 par sa politique hostile à l’accueil de migrants extra-européens, position qui l’a exposée aux critiques de la Commission européenne. Au sujet des quotas de migrants imposés par Bruxelles, Viktor Orban a martelé qu’il ne l’accepterait pas, soulignant que l’immigration de masse pouvait mener selon lui à «la mort des nations».

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