Posted 18 février 2019 17 h 28 min by

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont nié devant le Sénat les révélations de Mediapart.
Selon nos informations, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron a écrit ce mardi 12 février au président de la commission de déontologie de la fonction publique afin de l’assurer que l'Elysée n’a jamais été averti du rôle présumé, révélé par Mediapart, d'Alexandre Benalla dans un contrat russe passé avec l’oligarque Makhmoudov.

L’Elysée saisit se couvre. Selon nos informations, Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a écrit ce mardi 12 février un courrier au président de la commission de déontologie de la fonction publique. Dans cette missive, accompagnant un dossier « volumineux », l’ancien supérieur hiérarchique du chargé de mission déchu informe la commission que l’Elysée n’a jamais été averti du rôle éventuel d’Alexandre Benalla dans un contrat russe passé avec l’oligarque Makhmoudov.

Mediapart affirme qu’Alexandre Benalla aurait été impliqué directement, alors qu’il travaillait encore à l’Elysée, dans un contrat de sécurité signé par Vincent Crase avec Iskander Makhmoudov, un oligarque russe réputé proche de Vladimir Poutine et « soupçonné par plusieurs magistrats européens d’accointances avec l’un des pires groupes criminels moscovites ». Les deux intéressés avaient affirmé le contraire devant la commission d’enquête sénatoriale constituée dans cette affaire.

« Nous n’avons jamais été mis au courant. On en découvre tous les jours », confie à Marianne une source à la présidence. La semaine dernière, le parquet national financier (PNF) a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le contrat, sans plus de commentaires.

Alexandre Benalla a aussi transmis son dossier

Alexandre Benalla, à la suite de sa dernière audition au Sénat, a également transmis son dossier, ainsi que son projet de création d’une entreprise de sécurité, à la commission de déontologie, qui est en charge de donner un avis sur les contrats privés d’anciens agents de l’Etat.

« Chaque agent partant dans le privé a trois ans pour nous signaler les choses, et si nous émettons un avis défavorable, le dossier est envoyé à l’administration d‘origine pour d’éventuelles sanctions », nous explique un membre de la commission. Le « cas Benalla » devrait être instruit dans les prochains mois.

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