Posted 18 février 2019 11 h 48 min by

Laurent Gbagbo a été président de la Côte d'Ivoire de 2000 à 2011.
L'ancien président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé ont été acquittés ce mardi 15 janvier de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI). Les juges ont estimé que le procureur n'avait pas réuni de preuves suffisantes à leur encontre.

Laurent Gbagbo a été acquitté ce mardi 15 janvier de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), qui a ordonné la mise en liberté immédiate de l’ancien président de la Côte d’Ivoire. « La Chambre fait droit aux demandes d’acquittement présentées par Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes, fidèles à M. Gbagbo) concernant l’ensemble des charges » retenues contre eux et « ordonne la mise en liberté immédiate des deux accusés », a déclaré le juge président Cuno Tarfusser.

Il y a quelques semaines encore, personne ne s’attendait à cet ultime rebondissement d’un interminable procès qui a vu le dossier d’accusation présenté par la procureur de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, prendre l’eau de toutes parts. Les nombreux avocats de Laurent Gbagbo, dont le Français Emmanuel Altit, préparaient d’arrache-pied l’ultime épisode au cours duquel ils espéraient l’acquittement pur et simple de leur client.

Laurent Gbagbo de retour en Côte d’Ivoire ?

Après 14 demandes de remise en liberté provisoire refusées, c’est donc à la surprise générale que les juges de la CPI ont annoncé ce mardi leur décision. « La majorité (des juges de la CPI, ndlr) a considéré que le Procureur n’a pas fourni des preuves suffisantes en vue de démontrer la responsabilité de M. Gbagbo et de M. Blé Goudé pour les incidents faisant l’objet de l’examen de la Chambre, développe celle-ci. En particulier, après un examen rigoureux des éléments de preuve, la Chambre a conclu, à la majorité, que le Procureur n’a pas démontré plusieurs éléments essentiels constitutifs des crimes reprochés, y compris l’existence d’un « plan commun » visant à maintenir M. Gbagbo au pouvoir, qui aurait compris la commission de crimes contre des civils « en application ou dans la poursuite de la politique d’un État ou d’une organisation » ; et l’existence de schémas de violence à partir desquels il pourrait être déduit qu’il existait une politique d’attaque contre la population civile ». Enfin, « la Chambre a conclu, à la majorité, que le Procureur n’a pas démontré que des discours publics de M. Gbagbo ou M. Blé Goudé auraient permis d’ordonner, solliciter ou encourager les
crimes allégués ».

Sept ans après y avoir été incarcéré, Laurent Gbagbo va donc quitter sa cellule de la prison de Scheveningen à La Haye (Pays-Bas). Et ensuite ? Dans Libre, son livre qui vient de sortir, co-écrit et réactualisé avec le journaliste François Mattei, Laurent Gbagbo dit son intention de revenir dans son village natal comme en politique, même s’il semble écarter pour l’instant l‘hypothèse d’une candidature en 2020 face à son tombeur Alassane Ouattara, si toutefois celui-ci envisage de se représenter. Malgré un bilan économique prétendument bon, la carrière politique de ce dernier semble sérieusement patiner, ses alliés du PDCI de Konan Bédié ayant repris leur liberté. A 73 ans, Laurent Gbagbo, lui, rêve déjà du printemps…

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