Posted 18 février 2019 10 h 59 min by

Christiane Delannay-Clara, qui figure sur la liste du RN pour les européennes, n'a jamais été élue municipale à Créteil.
Le parti de Marine Le Pen présentait Christiane Delannay-Clara, 12e sur la liste RN pour les européennes, comme une ancienne adjointe au maire PS de Créteil. Une affirmation parfaitement fausse.

Elle devait être la prise de guerre marquée à gauche sur la liste « ouverte » de Marine Le Pen pour les élections européennes du 26 mai prochain. Dimanche 14 janvier, en lançant leur campagne dans la salle parisienne de la Mutualité, les cadres du Rassemblement national (RN) vantaient volontiers le parcours de Christiane Delannay-Clara, professeure des écoles guadeloupéenne, qui figurera en 12e position sur la liste menée par le conseiller régional Jordan Bardella. Pensez donc : cette quinquagénaire fut « adjointe au maire socialiste de Créteil », assurait sur scène le député RN Sébastien Chenu, qui jouait les chauffeurs de salle.

Une affirmation également inscrite noir sur blanc dans le dossier de presse remis aux journalistes. De quoi compenser les ralliements, à droite, des anciens députés UMP Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud. Et donner l’image d’un parti qui attirerait des élus de tous bords politiques.

Démenti du maire de Créteil

Patatras : il se trouve que Christiane Delannay-Clara « n’a jamais été élue municipale à Créteil, pas plus sur une liste PS que sur celle d’une autre formation politique », a démenti ce lundi le maire PS de Créteil, Laurent Cathala, dans un communiqué. En réalité, l’intéressée a simplement été élue dans les comités de quartiers de la ville du Val-de-Marne. On retrouve tout de même sa trace parmi les soutiens de Laurent Cathala : en 2012, son nom figurait sur un tract du maire pour les élections législatives. Auprès de l’AFP, le RN a simplement concédé « un abus de langage »

Aujourd’hui, Christiane Delannay-Clara est bien conseillère municipale mais à Saint-François, une commune de 13.000 habitants en Guadeloupe, dont le maire est Laurent Bernier… élu sous les couleurs de l’UMP en 2014 ! Pour afficher l’ouverture à gauche, le RN devra donc trouver mieux.

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