Posted 17 janvier 2019 10 h 35 min by

L'ancienne ministre de l'Environnement renonce à faire partie d'une liste pour les élections européennes.
Après s'être fait éconduire par EELV et Génération.s pour faire liste commune aux élections européennes, Ségolène Royal renonce ce 11 janvier à se présenter et tance "l'esprit d'appareil" ainsi que "les égos" de la gauche.

Une manette de console en main, on appelle cela un « rage quit« : lorsque, dans un jeu vidéo, un mauvais perdant bouillonnant de fureur quitte subitement la partie. C’est un peu ce que vient de faire Ségolène Royal avec les élections européennes. Après avoir été sèchement éconduite par les écologistes et Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon, pour intégrer une liste lors du scrutin de 2019, l’ancienne ministre de l’Environnement a annoncé, ce vendredi 11 janvier sur France Inter, se retirer de la course.

« Les choses sont assez simples : j’avais posé comme condition pour répondre à l’aimable pression de mes amis de pouvoir structurer une convergence et un rassemblement, des écologistes, de la gauche, des démocrates, de la société civile également, et ces conditions ne sont pas remplies, puisqu’un certain nombre de partenaires ont refusé. Par conséquent, je reprends ma liberté de ne pas être candidate« , explique la socialiste, amère.

« Les égos avant le rassemblement »

Cette absence de « désir d’avenir » commun reste en travers de la gorge de l’ambassadrice aux Pôles, qui y voit « une faute grave dans le moment que nous vivons« . Alors que la gauche est plus morcelée que jamais, Ségolène Royal passe Benoît Hamon et Yannick Jadot à la moulinette : « Qu’ils prennent leurs responsabilités. Ils auront, je pense, des comptes à rendre. Car si au lendemain des élections européennes, nous avons un chaos au Parlement européen, une forte montée en puissance des nationalistes, parce qu’il n’y aura pas eu d’offre politique enthousiasmante, crédible, je pense que ce sera de la responsabilités de ceux qui ont fait passer l’esprit d’appareil politique et les égos avant le rassemblement au service d’un idéal et d’une cause.« 

« Consciente » de ces querelles d’ego à gauche, Ségolène Royal avait proposé à Europe écologie les verts de rejoindre une liste commune sans en prendre la tête. Le 20 décembre Yannick Jadot envoyait paître l’ancienne adversaire de Nicolas Sarkozy en 2007. « Non aux magouilles. Sortons de la politique des coups. (…) Ce n’est pas la nostalgie qui va nous sauver« , avait-il lâché dans Le Parisien. Ségolène Royal prend acte : « Voir qu’on n’est pas capable de s’unir au niveau des démocrates, de la gauche et des écologistes, c’est quand même assez désolant. » L’ancienne candidate à la présidentielle assure toutefois qu’elle restera « présente dans le débat européen« . Comme dans un jeu vidéo, elle assistera à la partie en mode « spectateur ».

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