Posted 19 décembre 2018 17 h 13 min by

Vladimir Poutine a dénoncé ce 5 décembre les accusations de Washington, qui affirme que la Russie viole un traité de 1987 sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

Comme d’habitude, aucune évidence de ces violations de notre part n’a été fournie

«D’abord, la partie américaine annonce son intention de se retirer du traité […] Ensuite, elle commence à chercher des excuses pour le faire», a commenté le président russe Vladimir Poutine, cité par les agences de presse russes. «La justification numéro un est que nous violons quelque chose. En même temps, comme d’habitude, aucune preuve de ces violations de notre part n’a été fournie», a-t-il ajouté.

La réaction du président russe intervient au lendemain des menaces du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, qui a donné 60 jours à la Russie pour se conformer au traité FNI, faute de quoi les Etats-Unis se retireraient de l’accord.

Cette déclaration fait écho à la réaction de la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, qui avait estimé plus tôt que «des accusations sans fondement sont répétées». «Aucune preuve à l’appui des accusations américaines n’a été apportée», avait-elle ajouté. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a quant à lui assuré aux journalistes que «les faits ont été distordus pour camoufler le vrai objectif du retrait américain de ce traité», sans donner plus de précisions.

De son côté, Washington dénonce le déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée, selon Washington, dépasserait 500 km.

Selon le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ces missiles peuvent frapper les villes d’Europe en quelques minutes après avoir été tirés de l’intérieur du territoire russe et peuvent porter des charges nucléaires. Le département d’Etat américain a annoncé dans un communiqué publié le 4 décembre avoir fourni «plus qu’assez d’informations pour que la Russie s’implique de façon substantielle sur ce sujet». L’expiration du délai de 60 jours avancé par Mike Pompeo coïncide avec la prochaine réunion des ministres de la Défense de l’OTAN les 14 et 15 février 2019.

Signé il y a plus de 30 ans, le traité FNI a été remis sur le devant de la scène en octobre, quand le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient «mettre fin à l’accord» et développer à nouveau des armes nucléaires. Coutumier des volte-face, Donald Trump a pourtant affiché le 3 décembre sa volonté de travailler avec la Russie et la Chine, elle aussi dans son collimateur, pour mettre fin à une course aux armements devenue «incontrôlable».

Lire aussi : Pour Moscou, le retrait américain du traité sur les armes nucléaires pourrait mener au «chaos»

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