Posted 21 octobre 2018 17 h 52 min by

C’était un des axes fort de la campagne du candidat Emmanuel Macron, chantre du «nouveau monde» : les pratiques politiques d’un autre âge n’auraient plus court sous son mandat. Or, si les acteurs ont – pour certains – changé, les pratiques politiciennes ont-elles réellement la peau dure ? L’hebdomadaire Marianne révèle que le Conseil des ministres du 10 octobre a validé la nomination d’Yves Levy au poste de «conseiller d’Etat en service extraordinaire». Détail notable, l’ancien patron de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est l’époux de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Médecin de formation, Yves Lévy décroche ainsi l’une douze places de conseillers d’Etat réservées aux non-juristes. Il aura pour mission d’exercer des «fonctions consultatives» pour le Conseil d’Etat, c’est-à-dire de fournir des conseils juridiques au gouvernement sur la conformité de chaque projet de loi de l’exécutif au droit de l’Union européenne et à la Constitution française.

Si Yves Lévy ne peut se targuer d’être un constitutionnaliste ni même un juriste chevronné, il peut en revanche faire valoir une certaine connaissance du droit public médical, acquise lors de sa mission de deux ans en tant que conseiller chargé de la santé auprès de la ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso (2012-2014). Une expérience qu’il pourra mettre à profit dans le cadre de ses nouvelles fonctions où il sera notamment amené à se prononcer sur des textes rédigés par la ministre de la Santé, son épouse, comme le souligne Marianne.

Pour ce poste Yves Lévy va toucher pendant cinq ans une somme fixe garantie de 1 558 euros brut mensuels, à laquelle s’ajoute une part variable pouvant atteindre 4 583 euros brut mensuels en fonction du nombre de réunions auxquelles il participera, soit jusqu’à 6 100 euros au total.

En raison de l’identité de son épouse, Yves Lévy n’avait pu être reconduit dans ses fonctions à l’Inserm, pour cause de conflit d’intérêts.

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